Marques et Musiques

Gwenaël Le Bodic de Greencopper : “Les utilisateurs de l’application mobile sont les fans les plus engagés d’un festival, ses prescripteurs, ses promoteurs”

Spécialiste dans le développement d’applications mobile, Greencopper est notamment largement leader dans les applications de festivals. Entretien avec son Président, Gwenaël Le Bodic, afin de mieux comprendre ce marché en pleine explosion et les actions que pourraient y mener les marques :

1/ Marques et Musiques : Sur quel territoire travaillez-vous essentiellement ?
Gwenaël Le Bodic : Nous travaillons à 80% avec des festivals de musique. Mais nous collaborons aussi avec d’autres acteurs du monde culturel.

2/ Marques et Musiques : Qu’est-ce que Greencopper, un prestataire technique ou une agence d’activation ?
Gwenaël Le Bodic : Greencopper joue plusieurs rôles aujourd’hui. Au départ, en 2009, nous nous positionnions avant tout comme un prestataire technologique, fournisseur d’applications mobiles pour les festivals. Notre rôle a évolué lorsque nous avons commencé à développer des activations de marques, comme SFR, Deezer, Chronodrive, Crédit Agricole, pour la France, qui consistaient en des applications mobiles sur des festivals. Nous sommes devenus une plateforme technologique intéressante pour les organisateurs d’événements, de festivals, mais également pour les marques. Aujourd’hui, nous attirons les marques intéressées par la technologie mais aussi par notre portfolio de 150 événements, essentiellement des festivals, sur lesquels il est possible de monter des activations assez rapidement. Une marque qui souhaite monter une activation via notre technologie pourra l’activer sur un grand nombre de festivals. Greencopper joue donc un rôle d’entremetteur entre les marques et les festivals. Par exemple, pour SFR nous avons monté une activation sur 23 festivals grâce à notre relationnel avec les festivals et nos compétences logistiques.

3/ Marques et Musiques : Greencopper semble avancer l’idée que l’application mobile est primordiale dans toute stratégie événementielle aujourd’hui, notamment sur le territoire musical. Pourriez-vous nous expliquer cette conviction ?
Gwenaël Le Bodic : Attention le mot « primordial » est à relativiser : beaucoup de festivals se sont montés sans application mobile et cela peut encore arriver. Mais il est certain que l’application mobile est très intéressante pour les festivals, notamment parce qu’elle est très utile pour les festivaliers : on prend peu de choses avec soi lorsque l’on va à un festival et il est finalement très pratique, voire naturel, d’enregistrer des informations dans son portable, surtout lorsqu’elles restent accessibles en mode « déconnexion », puisque le réseau cellulaire ne supporte pas forcément la concentration de la foule.
Par contre, développer des applications mobiles pour réaliser des activations de marques était considéré comme un centre de coûts supplémentaire par les festivals, si bien qu’ils considéraient ces applications mobiles comme des outils réservés aux gros festivals ayant beaucoup de moyens. Mais cette technologie peut devenir une source de revenus : les festivals peuvent offrir un nouveau moyen d’activation à leur partenaires existants, voire même attirer de nouveaux partenaires. Dans ce cas le développement de l’application et l’accès aux licences « logiciels » payées à Greencopper sont financés par les partenaires. Le festival peut alors générer des revenus supplémentaires qui financeront une partie de l’organisation de l’événement.
Ce qu’il faut bien comprendre c’est pourquoi les marques peuvent être intéressées par une activation via application mobile, davantage que via un site web qui attire potentiellement plus de trafic. En effet, seuls 20 à 30% des festivaliers utilisent les applications mobiles tandis que la pénétration du site internet est généralement plus élevée. Mais si l’on considère que le téléchargement de l’application native du festival constitue une marque d’engagement, on se rend compte que les utilisateurs de l’application mobile représentent les fans les plus engagés du festival, ses prescripteurs, ses promoteurs. Ils pourront devenir également prescripteurs, promoteurs, d’une marque. Par exemple, on peut imaginer des activations de marques via une application « photo » où la personne se prend en photo habillée aux couleurs du festival, avec un bandeau indiquant le nom de la marque en bas de la photo qui sera ensuite partagée sur les réseaux sociaux. Ce qui peut intéresser les marques dans une activation via application mobile sur festival c’est de toucher une population de prescripteurs très engagés.

4/ Marques et Musiques : Qu’entendez-vous par « application native » ?
Gwenaël Le Bodic : On distingue une version mobile de site web, qui joue le rôle de guide pratique, qui apporte des informations au format mobile, sauf lorsqu’il n’y a plus de connexion sur site, d’une application native qui est plus complexe à fabriquée parce qu’elle offre une expérience utilisateur plus aboutie, qui est présente sur l’App Store d’Apple. En se retrouvant sur l’App Store elle pourra être classée dans le top 10 de la catégorie musique pour une période donnée. Elle attirera les utilisateurs d’applications mobiles fans du festival et donnera donc de la visibilité au festival et aux marques partenaires.

Découvrez les fonctionnalités populaires des applications Greencopper

Smartphone apps for festivals # part 1 from Greencopper on Vimeo.

5/ Marques et Musiques : Sur quels marchés travaillez-vous ?
Gwenaël Le Bodic : Notre siège social se situe à Montréal, mais pour maintenir notre connaissance locale des différents marchés nous avons des représentants dans un grand nombre de pays : Canada, US, Amérique Latine et en Europe de façon plus éparpillée (présence en France, à Copenhague et nous travaillons avec l’agence Sound Diplomacy qui nous représente en Allemagne, Grande Bretagne et Espagne). La force de Greencopper c’est bien sûr d’avoir des experts technologiques à la fine pointe, mais aussi des fins connaisseurs du monde culturel et des festivals locaux sur lesquels nous nous appuyons pour vendre des applications en local.

6/ Marques et Musiques : Quels sont vos marchés historiques et que représentent-ils actuellement dans votre activité ?
Gwenaël Le Bodic : Ce sont la France et le Canada. Notre activité en France représente encore 50 à 60% de notre activité globale. En France les marques sont beaucoup plus présentes dans les festivals via des applications mobiles, par comparaison à d’autres pays. La plupart des marques avec lesquelles nous travaillons sont des marques qui s’activent sur les festivals français via des applications mobiles. SFR a été un bon cas d’étude sur la façon dont les applications peuvent être utilisées comme activations de marques innovantes. SFR s’est activé via application mobile sur 23 festivals, c’est la plus grosse activation mobile sur festival d’Europe. Cela a donné des idées à d’autres marques, en France, moins dans les autres pays : nous n’avons pas eu cet effet SFR dans les autres pays.

7/ Marques et Musiques : Parlez-nous un peu plus de l’activation montée pour SFR.
Gwenaël Le Bodic : SFR est une marque locale à la France. La marque est activée sur 23 festivals français. La marque souhaite rayonner sur le live et en particulier sur les festivals. Elle est déjà présente grâce à ses dispositifs SFR jeunes talents ou SFR live concerts. Pour Greencopper il s’agissait plutôt de présenter la marque SFR sur une vitrine technologique, une application mobile native incluant une vidéo de présentation d’entrée, des informations éditoriales présentant les services proposés par SFR sur site, et de différencier les jeunes talents SFR parmi la programmation des festivals. Il s’agissait donc de fournir du contenu de marque.

8/ Marques et Musiques : Comment travaillez-vous avec les marques ?
Gwenaël Le Bodic : Greencopper discute dans un premier temps avec la marque pour comprendre ses objectifs, ce qu’elle veut obtenir des communautés de festivaliers. S’agit-il de visibilité, de crédibilité, d’activation physique ou en ligne… ? Puis Greencopper développe et propose un concept. Nous sélectionnons les festivals dans notre portfolio ou à l’extérieur, qui correspondent le mieux aux objectifs de la marque. Puis notre équipe technologique développe l’ensemble de la solution technologique et notre équipe de gestionnaires de projets se charge de toute la mise en œuvre logistique, qui représente une étape importante car travailler avec un grand nombre de festivals n’est pas si simple.

9/ Marques et Musiques : Certaines marques sont-elles plus pertinentes que d’autres pour des activations via applications mobiles sur festival ?
Gwenaël Le Bodic : Les marques de boissons ou les opérateurs de téléphonie mobile ont été historiquement partenaires des festivals. En 2009, 2010, l’opérateur de téléphonie mobile était même l’opérateur idéal pour s’activer via une application mobile. Puis les services de musique en ligne comme Deezer sont devenus petits à petits de plus en plus légitimes car l’écoute de musique s’est faite de plus en plus sur mobile. D’ailleurs les festivals sont une cible idéale pour les services de musique en ligne qui veulent faire découvrir leurs services et recruter de nouveaux abonnés. Les festivaliers sont généralement férus de musique, cela parait donc assez naturel de faire venir les services de musique en ligne sur les festivals. D’autres organisations comme Chronodrive, le service de supermarché en ligne, ou des distributeurs de banque comme le Crédit Agricole, sont moins liés au mobile mais sont aussi pertinentes et intéressées par des activations sur le support mobile et par l’audience des festivals.

Découvrez comment utiliser les applications mobiles afin de transformer les utilisateurs en prescripteurs de l’événements.

Smartphone apps for festivals # part 2 from Greencopper on Vimeo.

10/ Marques et Musiques : Qu’est-ce qu’une activation via application mobile peut-elle apporter de plus à une marque ?
Gwenaël Le Bodic : Cela dépend de la marque. Par exemple, un fournisseur de musique en ligne a pour objectif de recruter de nouveaux abonnés, c’est-à-dire de convertir l’utilisateur de l’application mobile en abonné. Greencopper a développé des outils-logiciels de mesure d’audience et de mesure de conversion qui permettent de calculer un retour sur investissement. Ils peuvent être mis au service des organisateurs d’événements et des marques. De cette manière on rassure les marques qui ont à justifier les budgets qu’elles dépensent pour des activations. C’est d’autant plus rassurant que ces outils nous permettent aussi de mieux choisir les festivals soumis à des taux de conversion plus importants. Mais ce que les marques doivent aussi comprendre c’est que pour faciliter la conversion de l’utilisateur il faut avant tout s’appliquer sur l’expérience utilisateur.

11/ Marques et Musiques : Vous voulez dire que l’application mobile n’est plus seulement un média mais un supplément expérientiel au moment de l’événement ?
Gwenaël Le Bodic : Oui, d’ailleurs depuis 2009 nous avons fait beaucoup de progrès en créant de vraies expériences musicales au sein même des applications. Nous avons vraiment essayé de bonifier les applications en permettant de jouer à des quizz musicaux, d’écouter des artistes, de découvrir d’artistes, par exemple.

12/ Marques et Musiques : Les festivals et marques avec lesquels vous travaillez sont-ils satisfaits et fidèles ?
Gwenaël Le Bodic : Activer une marque sur un grand nombre de festival n’est pas un métier simple. Cela fait appel à des compétences pluridisciplinaires, à la fois technologiques, culturelles et logistiques. Nous travaillons avec SFR depuis 3 ans. Cette collaboration longue durée illustre les partenariats durables que nous avons réussis à construire avec des annonceurs et des festivals.

13/ Marques et Musiques : Vous parlez beaucoup de festivals, allez-vous aussi sur de simples concerts, sur des tournées, ou bien le festival reste-t-il votre territoire de prédilection ?
Gwenaël Le Bodic : Historiquement le festival a été notre territoire de prédilection, mais nous commençons à élargir un peu notre champ d’action à des organisations qui ont des programmations musicales à l’année. Dans cette perspective le Festival Recommander nous est utile. Il permet de faire des recommandations personnalisées sur ce que les gens devraient aller voir lors d’un festival, selon les goûts que nous avons détectés via Facebook ou bien via une sélection de favoris enregistrés précédemment sur des applications de festivals. Les organisateurs d’événements, hors festivals, sont très demandeurs de ce concept. A terme le Festival Recommander pourrait également intéresser les marques qui souhaiteraient faire des recommandations musicales à leurs clients.

Un grand merci à Gwenaël Le Bodic, Président de Greencopper.

Le site de Greencopper
Un exemple récent : L’application pour le PitchFork Festival 2013

Auteur du post

Diplômée de Rouen Business School, spécialisée en marketing, communication et passionnée de musique. Lier les marques et la musique à travers des dispositifs originaux et innovants, aptes à susciter l'engouement du public, est au cœur de mon projet professionnel.

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